mercredi, 13 décembre 2017 11:41

Open Tennis Caen : Le tennis se joue à 2 et à la fin c'est un espagnol qui gagne

Invasion ibérique à Caen ! L’heure des demi-finales a sonné et on lâche les fauves qui mangent de la terre battue au ptit dej. Roberto Bautista-Agut et son pote David Ferrer ont goûté au Zénith de Caen, son ambiance et son clair-obscur si envoûtant. En venant à bout respectivement de Corentin Moutet et de Benoit Paire, les deux amis s’affronteront demain soir pour clore cet Open de Caen, 11ème du nom.

Corentin Moutet, en venant à bout de PHM la veille, s’est offert un cadeau de Noël avant l’heure avec un sparing partner de luxe, Roberto Bautista Agut, 20ème mondial. Heureux bénéficiaire d’une wild-card pour l’Open d’Australie en janvier prochain, le jeune gaucher a pu mesurer l’impact d’un joueur de haut niveau, apprécier sa longueur de balle et admirer le professionnalisme. « J’ai beaucoup appris aujourd’hui, Roberto montre dans tous les aspects de son jeu ce que professionnalisme signifie. » Un peu submergé par la force de frappe et l’intensité de l’espagnol, les bois et approximations prennent trop de place dans le jeu et dans la tête de Corentin. Le premier set est conclu 6/2 sans qu’il ne puisse se libérer de l’ampleur du match.

Poussé par le public Caennais qui veut prolonger son premier match, Moutet lâche un peu plus ses frappes et fait mouche avec sa gifle de coup droit. Il résiste jusqu’au bout et gratifie le public de quelques hot shots bien sentis mais doit logiquement céder 6/3 dans le second set. Bautista-Agut a fait le job.

Corentin Moutet semble prêt à des sacrifices pour suivre les traces de ce type de joueur. Pétri de talent, il bosse « tous les aspects du Tennis, y compris l’aspect psychologique mais j’essaie de m’améliorer en dehors du terrain, j’essaie d’être heureux et bien, je serai meilleur sur le court. »

Nul doute que s’il canalise sa fougue, il peut nous offrir de beaux parcours et une carrière qu’on lui souhaite aussi longue et belle de PHM, sa victime d’hier.

 

Seconde demi-finale et décor différent. Si on a toujours droit à un espagnol en la personne de David Ferrer, l’autre belligérant, Benoit Paire, a un peu plus de vécu sur le circuit. Personnalité haute en couleur, on sent qu’il veut allier « match de préparation » avec son show tennistique. Respectant énormément David Ferrer, Benoit Paire démarre tambours frappants avec un service solide.

La filière longue ne lui est pas profitable et les échanges longs conviennent non seulement à l’ibère mais éreintent aussi le frenchie. Bien plus doté de repères sur ce court que la veille, Benoit prend David de vitesse avec une belle profondeur de coups et des conclusions propres et décisives. Il remporte le premier set de haute volée6/4  en restant bien concentré sur son sujet mais au prix de quelques essuie-glaces en défense…

Sur un de ces échanges épiques, son dos douloureux se rappellera à lui pour une première alerte. Quand on voit les machines de guerre que sont ces sportifs de haut-niveau, ce petit couac dans le bas du dos le dérègle totalement et David Ferrer déroule tranquillement dans le deuxième set. La venue du kiné pour un long massage de la zone endolorie permet à Benoit Paire de moins souffrir et de terminer le match mais, malgré quelques coups de génie, il ne reverra plus Ferrer, incapable de défendre ses chances.

Blessure légère mais fatale, Paire pouvait bousculer Ferrer hier soir !

C’est dommage pour le Français et pour le public qui aurait pu assister à une fin de match au couteau mais l’attitude de Benoit Paire est à saluer. Son désir de finir le match sans abandonner fut une marque très appréciée par l’ensemble des organisateurs et spectateurs.

Souhaitons que cette pointe au dos ne le handicape pas pour la tournée océanienne…

Quant à David Ferrer, aussi sympathique en interview que consciencieux dans son jeu, il abordait cette finale espagnole avec recul : "Vous avez gagné la coupe Davis, c'est le plus important ! On peut être en finale l'un contre l'autre ici !". Il nous confirmait "continuer l'an prochain à 100%. Je suis loin au ranking donc je n'ai pas d'autres ambition que de bien jouer et prendre du plaisir." Titillé sur le fait de pouvoir battre Roger Federer l'an prochain pour la première fois (il compte 17 défaites pour 17 matchs), David répondait malicieusement : "en vétéran, peut-être !".

 

Finale demain à 20h15 entre les deux copains Bautista-Agut et Ferrer.

 

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