mardi, 06 février 2018 16:19

Mondeville2, rien à vendre, oh, si, du rêve

Le Monde va vite, sprint aux résultats, lancer de scoop, demi-fond de vérité sur des rivalités ou des formes du moment. Comme tous les beaux événements, le meeting de Mondeville s’est déroulé en un éclair et seuls demeureront la belle victoire et les beaux chronos de Christophe Lemaitre, notamment aux dépens de Jimmy Vicaut.

La BULLE revient sur quelques têtes croisées dans l’exigu mais chaleureux théâtre de ces chronos et des sauts. Petit zoom sur Laurine Vincent, Jarret Eaton et bien sûr Maeva Danois, incontournable malgré sa fine taille.

 Laurine, pas malade, Killing me softly

Crédit photo : Damien Deslandes

Laurine Vincent, pensionnaire de l’Entente Athlétique Mondeville Hérouville avait déjà franchi de la haie avec le gratin international en participant au Meeting d’Hérouville notamment. La jeune STAPsienne s’est retrouvée dans sa série de 60m haies avec 4 monstres qui sont parties comme des bombes. « C’est dur quand tu les vois partir aussi vite, je suis toute seule, sans repère pendant toute la course, je fais le plus mauvais chrono de ma saison. Je reviens du France FFSU la semaine dernière, je suis fatiguée et j’ai les France Espoir à Clermont la semaine prochaine, il faut que je me repose !! Mais là, c’était le meeting à ne pas manquer, à la maison. »

Crédit photo : Damien Deslandes

Elle enchaine les courses et les entrainements, progresse, puis stagne puis refranchit un palier et ce, depuis 10 ans. 15ème aux championnats de France Universitaires quelques jours plus tôt, la jeune athlète semble fatiguée en effet. La différence de « caisse » est flagrante à côté des américaines ou de la britannique. Si elle est rompue aux meetings, cette fenêtre ouverte vers la division au-dessus lui permet de continuer à rêver et à franchir des paliers et malgré la fatigue, son regard ne souffre pas de doute sur le fait qu’elle va retourner au boulot pour se rapprocher, doucement, jusqu’à ses propres limites.

 

Crédit photo : Damien Deslandes

 

Ronaldinho déguisé en athlète

Pas encore 21h et la Halle d’Ornano se paie une sorte de chouchou showman. La bouille de Ronaldinho sur le corps d'Ashton Eaton. Le décathlonien a pris sa retraite il y a un an mais son homonyme (c’est toujours mieux pour lui d’être l’homonyme d’Eaton que celui de Jimmy Devaux), meilleur performer de l’année en 60 haies, n’est pas avare de sourires et de temps passé avec les fans venus en nombre.

Crédit photo : Damien Deslandes

Il déploie ses dents (moins espacées que Ronaldhino) , signe des autographes, se plie aux selfies et joue sans le savoir avec le timing et le protocole si bien huilé. Tout bon organisateur prévoit l’impossible pour maitriser ce timing et scander le fil conducteur à la seconde mais avouons que ces entorses donnent un peu de profondeur et d’humanité à la manifestation. Les bénévoles et officiels ont l’intelligence de le laisser prendre son mini bain de foule alors il donne.

 

Crédit photo : Damien Deslandes

Le lascar est plein de vie, apprend le français et dit connaitre les dialogues de Forrest Gump par cœur (Cours, Jarret, cours !!). Plus tard, on le recroise et le questionne sur les raisons de son appétence pour la langue de Molière : « Je ne sais pas pourquoi mais j’aime la France et j’ai très envie de progresser. » Quant cette comparaison osée de la tête de Ronaldhino sur le corps de son ainé décathlonien lui est soumise, le géant élastique s’esclaffe « Oh true, on me l’a déjà dit souvent, j’ai un peu sa tête (la rédaction s’interdit de retranscrire un accent ricain, tout comme elle ne se pliera pas à l’écriture inclusive). » Et le voici reparti taper la discussion avec qui mieux mieux, refaire des selfies et travailler l’élasticité de ses joues tout autant que ses compas de hurdler. Il a la patate Jarret !

 

Crédit photo : Damien Deslandes

Le soleil de tout meeting nocturne

Ailleurs, même Halle, même passion. Maeva Danois n’a pas encore était happée par la sphère médiatique locale, chambre d’appel, nerveuse l’espoir normand, sacrée sportive de l’année en 2017. Elle se sait attendue mais connait beaucoup de monde dans la salle et c’est à double tranchant.

« C’est quelque chose que je travaille avec ma préparatrice mentale, de rester dans ma bulle » (quel à-propos pour cette dédicace à notre site :o)

 

Crédit photo : Damien Deslandes

Elle n’erre pas mais scrute les gens pour apercevoir un ami, un collègue de club, un voisin, une connaissance, un élu local. Rançon de la compétition à domicile, bonheur de se voir porter par un soutien sans faille des trois quarts de la salle, peu importe sa place.

Sa course est programmée en fin de soirée, l’attente la verra faire un chrono moyen mais tenter un coup en accélérant à la mi-course. « Le chrono n’est pas terrible mais j’ai pris des initiatives et c’est ce que je recherchais dans cette course. Je ne voulais pas m’endormir et m’enfoncer dans le confort de la course. J’essaie de travailler mes points faibles. »

« C’est le but ici avec un public très proche, je voulais vraiment être actrice de ma course.

 

Crédit photo : Damien Deslandes

Maeva abonde quand on lui dit avoir remarqué un cap chez elle, sur son ouverture vers l’extérieur, son affirmation de bien-être : « Ca fait plaisir d’avoir ce retour. Il y a des caps qui se franchissent. Je vis mon truc pleinement, avec mon staff, mon entraineur. C’est un truc de dingue qui m’arrive et je sais que c’est éphémère.

En plus, j’en ai marre de l’entrainement, je suis dans mon bocal, donc venir là c’est génial et demain, j’ai dit au coach que je voulais faire les championnats régionaux cross long pour sentir la compétition.

Je bosse aussi pour voir tout de façon positif. Notre sport nécessite d’être un peu égoïste et centré sur soit même. Je fais aussi tous cela pour mon petit frère et ma maman, leur montrer que je ne fais pas cela pour rien."

 

Crédit photo : Damien Deslandes

Avant de quitter Maeva pour son contrôle antidopage, la collaboration de sparing-partner avec Privel Hinkati est évoquée. Privel aussi est Hérouvillais  mais avironneur, lui aussi est un forçat de travail, lui aussi a des objectifs.

« On a été sparing pendant les années où j’étais sur Hérouville. On a clairement la même mentalité et peu importe si nos disciplines sont différentes, la motivation est vraiment identique. On a le même objectif tous les deux d’aller à Tokyo en 2020. On aime se faire mal et on n’a pas peur de la douleur. »

Exemplaire, radieuse, elle s’en va elle aussi, pleine de vie, mener son rôle d’ambassadrice du sport local et Normand. Et elle comme Privel vont tout donner pour leur projet !

Gros merci à Damien Deslandes pour ses photos. Le bonhomme sévit dans pas mal d'événements de la région, n'hésitez pas à parcourir son dépôt de clichés !!

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